La Philosophie Touchante

Ils ne supportent apparemment pas, que l’on ne leur doive rien…

Je n’avais pas particulièrement prévu commencer par cet article à mon retour au Togo (eh oui je suis revenue pour un moment, et cela n’a pas été aussi qu’un simple retour…).
Mais l’urgence de la chose fait que, je vais commencer exactement par ma vision féminine de la société masculine telle qu’elle est dans mon pays…
Oui, je vais choquer les hommes. Oui je me ferai lapider peut-être à coups de mots, mais il faut bien que l’on parle de ce qui ne va pas (j’essaierai de bien parler quand même rassurez vous).
Je suis revenue au bercail (Togo) et très vite je me suis acclimatée. J’ai réussi à m’habituer aux conducteurs taxi moto et aux taxis sur la route (croyez-moi ça relève du surnaturel la conduite ici à Lomé). J’ai réussi à m’habituer aux coupures d’eau et d’électricité. J’ai réussi à reprendre les couleurs locales en gros.
Mais je n’ai pas réussi à m’habituer à une chose : le comportement des hommes envers les femmes dans la rue. 
Oui ça sonne bizarre. Vous allez vous demander mais de quoi je parle…mais non, certaines « évidences » doivent être re- « démontrées » devant moi avant que je ne m’y habitue. Et tant que cela n’est pas fait, permettez-moi de parler.
Je tiens à préciser que ce dont je parle ici, n’est en aucun cas général, (mon côté juriste reprend le dessus😅). Il existe toujours des exceptions, et comme j’aime à le dire, vous, hommes d’exception, confirmez la règle. En espérant qu’à la fin de ce billet, beaucoup d’hommes se retrouvent dans l’exception plutôt que dans la « règle » let’s go…

J’étais à Kara tranquillement, sagement comme d’habitude, au bord de la route, (ne dites rien je sais je suis trop modeste) attendant un rendez-vous qui devait me conduire en un lieu pour mon projet « LEVELUPTOGO » lorsqu’un « quelqu’un » gare sur le bas-côté de l’autre côté de la rue, baisse la vitre et me dit « mademoiselle, venez ». D’aaaaaccord, j’ai dû rêver me suis-je dit. Mais non. J’entends encore « mademoiselle, je vous parle non… » D’accord. je le regarde dans sa voiture, son visage est un peu caché par la pénombre; je regarde sa voiture et je comprends pourquoi il se permet cela : C’est une grosse et belle voiture. Alors je le regarde et je lui dis NON. Non, je ne traverserai pas pour venir vous voir. Il s’est résigné et s’en est allé. Dieu seul sait de quels noms il m’a traitée (mais honnêtement je m’en fous…).

 

Inutile de vous dire que si je raconte cela aujourd’hui, c’est que j’ai été choquée par son ton, sa désinvolture, et son air « j’ordonne, tu exécutes ». Comment peut-on parler à une personne, une femme, avec autant de suffisance et de manque de tact ? comment on peut soi-même descendre si bas. Bref vous l’aurez compris, ce n’était pas l’envie qui me manquait de lui crier haut et fort tout ce que j’ai écrit ici mot pour mot. Heureusement pour lui il s’en est allé.
Oui, l’histoire est banale apparemment, quand j’en ai parlé après, on m’a dit « euh Reine mais il y a quoi de bizarre là?»

Je vais vous dire ce qu’il y a de bizarre :

  • Un homme bien élevé, bien éduqué, qui respecte les gens, ne parle pas ainsi à une personne, homme comme femme, à distance comme si la personne était un chien que l’on siffle.
  • Un homme qui cherche une fille, va justement la chercher. C’est-à-dire qu’il sort de sa voiture, il traverse et va parler respectueusement à la fille.
  • Si un homme veut parler à une fille, pourquoi ce serait à elle de se déplacer, de traverser la rue pour venir lui parler à travers une vitre ? Ressemble-t-elle à une péripatéticienne ? Encore que ces dernières valent mieux que ça. A-t-elle dit qu’elle vendait des choses, pour qu’on puisse en acheter à travers une vitre ?

Il n’y a pas que ces trois choses, vous en trouverez d’autres mais je m’arrête à ces 3.

Bon vous me direz une fois en passant, il arrive de rencontrer des gens comme ça. Mais moi, je dis NON. Ce n’est pas une fois en passant, c’est LA ROUTINE ici. Je l’ai vécu encore et encore. Et je vois les filles au bord des routes courir ci et là. Je dis NON. C’est un avis personnel, je sais, mais nous valons mieux que de nous faire siffler comme des chiens et on accourt. Sous d’autres cieux, c’est rédhibitoire ce genre d’actions croyez moi. Vous risquez beaucoup. Mais non, le pire c’est que les filles (certaines) trouvent cela normal, d’accourir quand on les appelle de loin, de faire des courbettes etc.…tout cela pourquoi ?

Le titre de ce billet est, qu’ils ne supportent apparemment pas qu’on ne leur doive rien. Eh oui, de tous ceux qui ont osé mal m’aborder et que j’ai gentiment remis à leur place, nombreux sont ceux qui m’ont traité de fille trop fière, de fille qui « se la pète » et j’en passe.
Non chers hommes, on ne vous doit rien sur ce plan. Supportez que cela soit ainsi, supportez qu’il y ait des filles qui réclament plus de respect parce que cela, on ne devrait pas le réclamer, ça devait aller de soi.
Supportez que l’on ne vous doive rien, que l’on se suffise à soi-même, et que la recherche ou pas d’un homme ne soit qu’un complément et non autre chose.
Supportez que même si nous n’avons pas de grosses voitures, que même si nous vendons de l’eau au bord de la route, on ait droit à ce que vous changiez votre manière de nous percevoir et que vous vous leviez de votre confort pour venir nous chercher.
C’est vrai que nous sommes plus nombreuses que vous, en plus de la population des poupées 😂😂, mais celà ne vous donne aucun droit de traiter les femmes justement comme des poupées, à la demande.

Ils nous traiteront de fières et d’irrespectueuses parce que, peu importe notre statut, on s’assume, on se respecte. Mais si c’est cela être irrespectueuse, MOI je prends, et nous (celles qui ont compris) prenons volontiers. Parce que ceci est juste un fait, mais qui implique tellement de choses derrière.

J’ai parlé des hommes là, les filles ne vous sentez pas hors de cause, car à bien y penser…c’est aussi parce que beaucoup d’entre nous se laissent marcher sur les pieds, se laissent être traitées comme des choses, que certains hommes élargissent et étendent cela à toutes les filles. Non, je ne m’habituerai pas à cela parce qu’il faut que nous les filles, on élève le standard dans les rues. Il faut que l’on leur dise : « Je suis là. Si vous voulez me parler, eh bien, venez ». C’est aussi simple que ça.
Bah voilà mon coup de gueule, mon blabla sur ce que je ne supporte pas.
Je réitère que ce n’est pas général et ce n’est qu’un avis, mon avis. Mais si ça peut aider quelqu’un à mieux se comporter dehors; si ça peut aider une fille à élever son standard et à se faire respecter, finalement pour cela, ce serait un bon point.
Je suis rarement sérieuse, mais là j’ai l’impression de faire un sermon carrément (😂😂).
C’est avec plaisir quand même que je remarque que de plus en plus de filles partagent ce coup de gueule. J’espère que nombreuses seront celles qui suivront.

C’EST À NOUS, FEMMES D’IMPOSER LA MANIÈRE DONT ON VEUT SE FAIRE TRAITER, C’EST À NOUS DE REVENDIQUER QUE L’ON NOUS RESPECTE.

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3 comments

  • Sena

    Complètement d’accord sur le fond de la pensée…très bel article d’ailleurs.

  • Joe Blackstone Miller

    J’aime ta logique, elle est parfaite !
    Moi personnellement, je suis homme mais je ne supporte pas cette façon d’appeler une demoiselle(siiiii…) ou je ne sais quoi…
    Parfois même je pense que cette façon d’appeler bloque déjà le lien qui devait même vous unir à la seconde.

  • P-bred

    Bel article. Mais c’est notre culture qui nous enferme dans ce jeu social. Dans une société où on juge la valeur d’un homme à sa capacité à entretenir sa (ses) femme(s), on ne doit pas s’attendre à autre chose. Si, quels que soient mes sentiments, je dois finir par payer à une famille ou à la femme elle-même un droit de la fréquenter ; la transaction arrogante primera toujours sur la séduction égalitaire.

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