La Philosophie Touchante

Touchez vos seins aujourd’hui

 

 

Aujourd’hui c’est la journée internationale des Droits des femmes, et je suis censée vous parler du comment et du pourquoi nous devons faire entendre nos voix. Mais aujourd’hui je ne le ferai pas, mais vous trouverez l’essentiel de mes pensées dans cet article. Je profite donc de ce qu’il y ait une certaine attention collective pour vous parler d’un autre sujet qui me tient à coeur: le cancer du sein.

D’abord je tiens à remercier toutes mes magnifiques copines qui m’ont nominé pour le challenge #CANCERDUSEIN. Poster des photos pendant dix jours et donner de précieux conseils et informations sur le cancer du sein, il fallait le faire. Moi j’ai trouvé un moyen moins contraignant, en en parlant ici et j’espère toucher beaucoup de mes sœurs et mères. Croyez-le, beaucoup ignorent et méconnaissent les réalités qui entourent cette maladie ; et surtout croient que ça n’arrive qu’aux autres. Moi en premier. Mais rassurez-vous, je n’ai pas le cancer du sein, mais j’ai eu la peur de vie.

Il y a de cela deux ans, j’ai senti une douleur dans l’un de mes seins. Au début, je je l’ai mis sur le compte de l’ovulation et autres étapes du cycle menstruel, parce que les douleurs étaient périodiques. C’est ce qui était trompeur et donc très dangereux. Ensuite je me suis auto palpé ; j’ai senti un petit nodule dans mon sein gauche. Et là j’ai commencé à flipper ; vous savez comme si on m’avait dit que je mourrais dans l’heure qui suivait. Donc j’ai pris un rendez-vous chez un docteur. Je suis allée me faire palper les seins, que dis-je dire malaxer, tripoter, écraser les seins dans tous les sens. Pas par un, ni deux, mais trois médecins, comme pour me dire “Mademoiselle, votre cas est grave, je ne peux pas le gérer seul”. Trois médecins, je me voyais déjà faire de la chimio ( je le dis de manière respectueuse). Mais c’était un mal pour un bien, une impudeur nécessaire voire vitale.  Palpation, mammographie, échographie. Je suis passée par toutes les étapes. Ensuite l’attente a été longue, très longue. C’est en ce moment que tu te fais des films sur ce que sera ta vie avec un cancer ; alité, teint ciré, corps frêle, chute de cheveux. Un test de routine, ça passe encore, mais quand tu sens une boule dans ton sein, et qu’en plus du liquide en sort ( oui c’est dégouttant, être malade, ce n’est jamais joli) , c’est un cauchemar. On passe par toutes les émotions et sentiments : peur, colère, incompréhension, espoir, désespoir, résignation.  Mais… moi j’ai une chance incroyable, que dis-je, une Grâce. Je rends grâce chaque jour, parce que dans mon cas, le couperet n’est pas tombé. Il s’agissait juste d’une infection qui sortait de je ne sais d’où. Mais malheureusement, certaines femmes, à un pourcentage assez élevé, n’ont pas cette grâce, et souvent ne le savent que trop tard.

De cette expérience, je retiens deux choses:

  • être à l’écoute de son corps, c’est très important.
  • Et, ça n’arrive pas qu’aux autres.

Je peux vous dire à l’instant, combien de lobules comptent mes seins. C’est vous dire que je maîtrise à la perfection tous les contours de mes seins. C’est devenu un toc, un réflexe. Toutes les nuits, je palpe mes seins.

Je n’aurai jamais pensé faire une mammographie et toutes les analyses de ce genre un jour; je n’y pensais jamais. Et s’il y a bien une réflexion que font les femmes noires et surtout africaines c’est : c’est une maladie de blancs. ET BIEN NON. C’est une maladie qui touchent toutes les femmes, blanches comme noires et qui tuent plus les africaines, parce que méconnue par celles-ci. Cette campagne sur internet est super importante, hyper bien pensée et a permis je crois, à beaucoup de jeunes filles de s’informer sur ce cancer. Mais malheureusement, nos mères et grand mères au village n’ont pas accès à internet.  Cette campagne doit se faire encore plus en zone rurale. Coller des affiches dans les dispensaires, c’est bien, mais combien d’entre elles savent lire ? That’s the question. Ma modeste personne tient à remercier, soit dit en passant l’ONG Espérance et vie nouvelle pour la campagne « Octobre Rose » et pour tout le travail effectué sur le terrain tous les jours.. Même s’il y a encore beaucoup de terrain à couvrir.

Ayez ceci en tête, et surtout parlez-en autour de vous. Dépister précocement la maladie, c’est y survivre. L’idéal, vous en guérissez ; au mieux, c’est l’ablation. Sinon vous n’y survivriez pas.  Il n’y a pas de tare à être malade et surtout pas de honte à avoir. Ce sont vos seins, palpez les, touchez les. Au mieux faites une mammographie tous les ans. N’hésitez jamais à aller voir un médecin. JAMAIS.

Et pour cette journée des droits de la femme, comme pour toutes les journées d’ailleurs, retenez que vous des perles, des reines. Mais avant tout des Hommes et que vous devriez avoir, vous aurez, vous avez les mêmes droits qu’un homme.

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